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Date de publication: 22 avr. 2010
Auteur: PNS
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La Grèce fait face avec un grande habileté à une crise financière qu'elle a tranquillement bâti sur la bonne foi de ses partenaires… Mais la question n'est pas de savoir ce qui permettra de passer les prochains mois, mais bien plus ce qui permettra de sortir la Grèce de sa voie structurellement déficitaire. Les éléments du dossier ne sont pas très encourageants :

1 - On ne sait pas très bien où en est le pays : les chiffres sont faux, le déficit public est estimé plutôt que calculé. Bien plus, c'est la capacité économique du pays qui est mise en doute. Avec probablement un taux de conversion du Drachme trop élevé lors de l'entrée dans l'Euro. La récente annonce du passage du déficit 2009, près de 4 mois après la clôture de l'exercice 2009, de 12,9% à 13,6% illustre bien le niveau de l'incertitude.

2 - La capacité de l'économie grecque a atteindre des standards européens de productivité est mise en doute, non seulement du point de vue du taux de change, mais aussi de la qualité de l'outil de production et de la capacité de modernisation.

3 - Bien que cela ne soit pas dit, c'est en fait l'ensemble des dirigeants grecs, au sens large des entrepreneurs, des élus, etc., qui traverse aujourd'hui une crise de défiance interne (ce n'est pas nouveau) et externe. Une dérive « corse » faite de fraudes généralisées et de subvention, ne peut être exclues.

4 - La tradition financière grecque n'est guère rassurante car il y a déjà eu des banqueroutes au XIX°.

Ce sont ces éléments fondamentaux, ajoutés à la taille globale estimée du problème qui serait de l'ordre de la centaine de milliards d'Euros, qui expliquent la prudence allemande et qui nous ramènent à l'essence même d'une zone monétaire qui exprime soit une unité soit la domination d'un centre, comme c'était le cas de l'Union Latine du XIX° siècle.

A l'inverse, il est surprenant de comparer cette lente démarche d'aide avec le sauvetage du système bancaire et financier de 2008 qui a coûté -à son lancement- plusieurs milliers de milliards $, avec bien peu de contrepartie ni garantie, a été réalisé en quelques semaines !

La solution est évidemment dans un sauvetage fort et symbolique de l'Union Monétaire Européenne accompagné d'un sévère contrôle des finances et de l'administration. Dans l'histoire de l'unification monétaire américaine sous l'égide de la FED, il existe de nombreux exemples d'accroissement du contrôle central sur les activités bancaires … mais jamais sur le fonctionnement administratif ou l'économie. L'Europe doit donc inventer une nouvelle sorte d'aide et la normaliser pour qu'elle puisse servir de modèle pour le futur, en conciliant la souveraineté des Etats et l'obligation de redressement ! Quadrature du cercle qui passe peut être par un contrôle des dépenses et des recettes qui ressemble à une mise sous tutelle. Tout sera dans la forme !

Mais une chose est certaine et l'exemple de Lehman l'a bien montré : en matière financière ou bancaire, les faillites ou banqueroutes doivent être évitées en raison de leur effet désastreux sur la confiance.

Mots-clés :
Obligation