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Date de publication: 27 avr. 2010
Auteur: PNS
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Il y a deux raisons apparentes à la création d'une nouvelle taxe (quasi-internationale) sur les banques :

- la première est fondamentale : il s'agit de faire payer le service public d'assurance aux Banques et aux institutions financières qui en ont largement bénéficié. Et puisque nous sommes dans un domaine où l'on sait faire la différence entre le coût et la valeur, disons que c'est une valeur. Quant au coût, si 'État peut récupérer les sommes prêtées aux institutions financières, on oublie le coût d'opportunité et surtout on oublie le coût de la crise et des déficits budgétaires accrus pour l'ensemble des pays du monde développé.

- La deuxième est en apparence plus opportuniste : le pouvoir politique a toujours été pragmatique en matière d'impôts, « il prend de l'argent là où il y en a ». Et il y en a beaucoup dans les Banques qui réalisent des bénéfices très importants et payent des salaires somptuaires à d'innombrables cadres pour faire un métier qui n'est -au fond- pas plus risqué que celui d'ingénieur dans une industrie comme la pétrochimie. Comme tous les pays du monde développé ont dû lancer des plans de relance importants qu'il faut maintenant financer, il vont naturellement devoir prendre de l'argent là où il y en a encore !

Les banquiers ont naturellement raison de se défendre contre un impôt nouveau, comme tout citoyen a raison de se plaindre de la pression fiscale excessive. Mais on ne peut avoir des « services » sans les payer et il ne fait pas bon d'être trop riche dans un État appauvri…. appauvri en partie par le financement de la sortie d'une crise dont les banquiers ne peuvent quand même pas s'exonérer.

Il faut en réalité, changer l'échelle du débat. Les Banques ont acquis depuis 2 siècles une importance croissante dans une économie de plus en plus monétarisée. Elles sont objectivement devenu le département monétaire de l'État et bénéficie d'un réelle privilège d'émission monétaire. Nous sommes probablement à un tournant dans cette évolution longue et structurelle. Après avoir laissé toujours plus de liberté à cette activité bancaire et après avoir laissé une longue période de quasi-autogestion de l'activité, lui permettant ainsi de développer des produits nouveaux comme les dérivés et bien d'autres, l'État constate les insuffisances et encadre ces activités par des réglementations et des taxes.

Bref, la crise de 2008, après 30 ans d'un libéralisme toujours plus fort, sera peut-être le tournant de la dérégulation pour faire place à une vison plus contrôlée de l'activité bancaire. Comme toujours, ce tournant sera apparemment fait de réactions conjoncturelles sous forme de mesures provisoires. La taxe sur les activités financières n'est qu'un épisode de ce tournant de reprise en mains.

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