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Émergences

Lettre d’analyse financière long terme sur des pays, des métiers ou des secteurs émergents : Microélectronique, Biotechnologies, Pharmacie, mais aussi des pôles de développement comme New York, Shanghaï ou Paris.

Lettre Émergences numéro 32 - 1er trimestre 2012 - Les Cleantech : naissance d’un nouveau secteur économique

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Apparu dans les années 1970, le concept de technologies propres ou clean technologies, était alors assez peu connu des médias, des politiques et des milieux des affaires. Trente ans plus tard et une conscience environnementale accrue, les clean technologies se révèlent de plus en plus être des opportunités d'investissements intéressantes. Leur taux de croissance rivalise même avec les révolutions technologiques précédentes qu'ont été la téléphonie, l'informatique et internet.

Mais de quoi parle-t-on exactement ? Les technologies propres désignent l'ensemble des produits, services et procédés qui permettent d'utiliser les matières premières et/ou l'énergie le plus rationnellement possible tout en réduisant la quantité de rejets polluants et les déchets pendant la fabrication du produit ou bien au cours de son utilisation. Par exemple, le recyclage, les énergies renouvelables, la construction et le transport « vert » ainsi que les technologies de l'information peuvent être considérés comme des technologies propres. Le grand avantage de ces technologies est la croissance durable qu'elle implique, fondée sur une utilisation rationnelle des ressources disponibles. Leur grand inconvénient en demeure leur coût supplémentaire qui vient peser sur les coûts de production. Ainsi, les technologies propres étant encore peu rentables comparées aux techniques plus traditionnelles, l'essor de cette niche dépend encore fortement des volontés politiques et de l'intérêt que le consommateur saura leur apporter.

Une meilleure gestion de la production et des matières premières représente bien pourtant une opportunité sur le long terme. La volonté publique et privée est d'ailleurs bien présente aujourd'hui : du côté des consommateurs, il y a une demande croissance pour des produits plus respectueux de l'environnement, moins énergivores et moins toxiques ; du côté des entreprises également, la prise de conscience est en train de s'opérer. Ainsi, selon le dernier Global Innovation Barometer élaboré par General Electric's en 2011 sur un pool de 1000 exécutifs du secteur privé, le secteur des technologies propres est aujourd'hui considéré comme le plus à même d'améliorer la vie quotidienne des êtres humains. Le secteur des technologies propres représenterait selon eux un véritable foyer d'innovations bien qu'ils craignent que les décideurs publics n'apportent pas le soutien nécessaire et indispensable pour que ces idées « vertes » germent en succès commerciaux. Reste donc à savoir si la volonté politique saura être à la hauteur des attentes du secteur.

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Lettre Émergences numéro 31 - Mars 2011 - Les nouvelles réglementations financières

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Le cycle historique de la réglementation des marchés continue de faire alterner les périodes de réglementation accrue avec celles de libéralisme exacerbé. Ce cycle a pris une ampleur nouvelle avec l'apparition de l'informatique et de l'application « in vivo » des possibilités de calculs et de modélisations des marchés. On a cru, en effet, que les capacités de calculs disponibles « en temps réel » allaient donner vie à la théorie des marchés et que ceux-ci pourraient donner une valeur « sûre » aux biens économiques.

Bien loin d'être parfaits, les marchés, même assistés par des ordinateurs, continuent d'être des instruments humains qu'il faut organiser. Pire, ils sont incapables de valoriser correctement les actions et obligations en période de crise, ouvrant ainsi la porte à de formidables phénomènes d'accélération et de spéculation.

Telle est l'une des leçons principales de cette crise et les premières mesures de clarification des règles de fonctionnement des marchés ne constituent probablement que le début d'un retour vers une réglementation plus stricte. Il reste encore à ajuster l'arbitrage entre la sécurité et l'efficacité qui, en finance, ne sont pas proportionnelles.

Cet arbitrage se fera par des règles prudentielles (du type Bâle III), ou des règles comptables (IFRS) dont on sait qu'elles sont difficiles à ajuster.

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Lettre Émergences numéro 29-30 - Mai-Juin 2010 - L'automobile

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C'est un lieu commun de parler de mutation industrielle des pays occidentaux. L'automobile nous en donne un exemple « vivant » qui est dû à une profonde mutation du marché sous l'influence de la contrainte environnementale, autant qu'à des pays à bas salaire. Et cela conduit à un double défi, le low cost d'une part et l'électrique d'autre part. Il en résulte la nécessité d'une stratégie duale pour les grands constructeurs.

La stratégie low cost n'est pas une simple fabrication dans des pays émergents. C'est aussi la volonté de déterminer ce que le client est prêt à payer réellement parmi toutes les possibilités technologiques. Le tout dans le cadre d'un prix divisé par plus de 2.

Pour l'électrique, l'enjeu est avant tout l'environnement urbain. Il ne s'agit pas du CO2, mais de la pollution par les microparticules et les produits imbrûlés.

Le facteur différenciant sera le système de recharge. En d'autres termes, pourra-t-on utiliser ce nouveau véhicule pour des trajets moyens de 100 km AR sans problème (soit 300 km d'autonomie réelle).

La triple évolution des contraintes, des besoins et des techniques va obliger à réaliser un (ou des) nouveau(x) standard(s) technique(s) et des modèles économiques.

En d'autres termes, il va falloir innover. Et dans le cas de l'électricité, il y a une possibilité de rupture radicale et d'apparition de nouveaux acteurs majeurs.

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Lettre Émergences numéro 28 - Mars-Avril 2010 - Taïwan

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Taïwan est-il encore un dragon, c'est-à-dire un pays émergent qui affiche un taux de croissance proche de 10% sur le moyen terme ou est-il devenu un Pays Développé à Économie de Marché, à croissance moyenne ?

Comme les 3 autres dragons,Taïwan a le niveau de vie des PDEM avec un PIB par habitant supérieur à 25.000 $ / an ?

S'il conserve un taux de croissance supérieur à la moyenne, Taïwan s'éloigne de la zone des 10%. La fin du rattrapage est proche et comme le Japon des années 80-90 : le modèle bascule vers un modèle «occidental» dans lequel la croissance modeste (moins de 5%) n'est plus faite par les exportations compétitives fondées sur des bas salaires et une demande intérieure de rattrapage, mais par une offre de produits nouveaux. Mais le profil de son économie est ambigu. Taïwan est le Dragon le moins bien classé par le rapport «Doing business» de la Banque Mondiale, avec un rang médiocre malgré une évolution de la 61°à la 46°place en 1 an; loin derrière la République de Corée (19°), Hong Kong (3°) et Singapour (1°).

Taïwan a donc deux défis à relever : sa position politique face à la Chine continentale et le basculement définitif d'une économie dirigée de «rattrapage» vers une économie libérale et innovante.

Avec 10 ou 20 ans d'avance, c'est le défi que devra relever le continent chinois !

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Lettre Émergences numéro 26-27 - Janvier-Février 2010 - La Finance Islamique

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Un Islam moderne !

La finance islamique n'est pas une version conservatrice de la finance moderne, mais une tentative pour incorporer dans le cadre d'une religion aux principes très proches du christianisme (refus de l'intérêt et éthique forte) des règles obligatoires de la finance moderne que sont l'actualisation (donc l'intérêt) et le partage de risque (donc l'assurance).

Les pays chrétiens ont longtemps transféré aux minorités étrangères et principalement juives, le soin d'assumer ces nécessités de l'économie. Les pays communistes ont tenté une expérience -au fond, dramatique- de refus de ces mécanismes. Tous ont fini par céder aux exigences de la réalité et par accepter de façon complète l'ensemble de ces concepts rejetés hier.

Les musulmans d'aujourd'hui suivent deux voies parallèles d'acceptation : la voie pragmatique des pays comme le Maroc ou la Tunisie et la voie plus intellectuelle et confessionnelle qui s'efforce de montrer qu'il est possible d'utiliser les mêmes concepts en respectant les principes fondamentaux de l'Islam. Cette « politesse », aurait dit probablement Claude Levi Strauss, envers leur religion, leur tradition et leur passé, est respectable, sinon admirable, mais ne donne pas plus de sécurité intrinsèque à cette finance qu'à d'autres. La crise de Dubaï nous l'a rappelé : aucun système n'est capable d'éliminer la déraison des hommes.

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Lettre Émergences numéro 25 - Décembre 2009 - Hong Kong

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Une valeur sûre

Auréolée, sinon encombrée d'un passé sulfureux de guerres et de drogue, longtemps suspendue à la menace de son rattachement à la Chine, Hong Kong montre depuis longtemps un exemple de l'opiniâtreté et de la continuité digne de ses grandes ancêtres que sont les villes portuaires marchandes, depuis Carthage jusqu'à Singapour en passant par la Hanse et Venise.

Tout change autour de ces villes mais elles continuent d'être un centre d'activités et de commerce largement au dessus de leur « capacité » naturelle. La recette de ce succès durable d'entités très concentrées géographiquement, est toujours centrée autour de la finance et du commerce. Mais il faut aussi savoir construire une forte activité industrielle ou de service qui donne de la « consistance » à cet ensemble.

Passer de la drogue à la high tech n'est pas si simple que cela. Devenir l'un des ateliers du monde n'est facile qu'a posteriori. Surtout lorsque le monde qui nous entoure est changeant, sinon instable.

Sans aucun doute, ces villes sont d'excellents écosystèmes pour les entrepreneurs qui trouvent le moyen de renouveler les activités au fil des années avec une agilité bien plus grande que les grands états européens ou asiatiques qui sont englués dans leurs rigidités sociales et intellectuelles.

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Lettre Émergences numéro 24 - Novembre 2009 - La cosmétique

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La nouvelle cosmétique : Le bonheur au risque de l'innovation ?

Avec la cosmétique, la technique et le marketing ont quitté le terrain du besoin essentiel comme la nourriture, l'habillement, la santé, l'habitat pour entrer dans le besoin ressenti, la mode et la différenciation sociale. Pour autant, ce besoin de paraître n'en est pas moins impératif, car il est supposé être l'une des clefs du bonheur ; l'industrie cosmétique y répond par une innovation marketing continue intégrant très rapidement les innovations issues de la chimie. C'est ainsi que les nanotechnologies ont trouvé dans les cosmétiques des applications surprenantes.

Le marketing a permis de spécialiser les produits et ainsi d'accompagner les courants de la mode : ethnique, masculin ou anti-âge.

Ce faisant, dans ce combat quasi-faustien, l'industrie du cosmétique est conduite à prendre des risques importants qui la rapprochent parfois de la dermatologie et de la pharmacie.

C'est probablement là que se trouve l'évolution naturelle de l'industrie cosmétique dans les années à venir : toujours plus technique et complexe au point qu'il est probable que certains produits seront progressivement soumis à des procédures qui se rapprocheront progressivement des AMM pour garantir l'absence de nocivité, voire une efficacité thérapeutique. Le bonheur sera à ce prix !

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Lettre Émergences numéro 23 - Octobre 2009 - Singapour

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Une nouvelle Venise

Qui aurait osé parier sur Singapour au début des années 60, alors que son indépendance était encore récente et incomplète, et que son activité se limitait à celle d'un port international ? Sans parler des relations incertaines avec ses voisins, de la petitesse de ce pays et de l'absence de ressources naturelles quand ce n'est pas une lacune sérieuse comme pour l'eau !

Or, comme Venise au Moyen-Age, Singapour a réussi ce miracle de partir de rien ou presque, et de devenir un Etat qui compte dans le monde du III° Millénaire ; et pas avec une stratégie de paradis fiscal, mais avec une industrie manufacturière et une stratégie technologique. Non seulement Singapour a des hauts salaires, mais elle ne délocalise pas ses industries dans les pays voisins et fait la course en tête dans quelques domaines.

Singapour est presque un modèle parfait de développement, avec pour seules ressources l'activité, les qualités et l'intelligence de ses dirigeants et de sa population.

Singapour démontre aussi que la taille n'est pas la clef du succès. Pourtant, elle doit encore démontrer qu'elle est capable de durer dans cette position de pointe. Le modèle ne sera confirmé qu'au milieu du siècle lorsque l'on pourra être certain que la capacité d'innovation est à la fois, réelle et durable.

Venise a duré 5 siècles !

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Lettre Émergences numéro 22 - Septembre 2009 - La taxe carbone

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Quelles que soient les analyses, tout le monde s'accorde sur deux points : la pollution atmosphérique des grandes agglomérations et le caractère précaire des énergies fossiles dont les réserves sont estimées à environ 50 ans en tenant compte des découvertes probables et de la croissance du niveau de vie. Personne ne connaît le délai des ressources, mais chacun admet que l'horizon est court et très incertain puisque nous ne sommes pas à l'abri d'une innovation majeure dans le domaine énergétique qui réduirait à zéro les efforts d'économie d'énergie d'aujourd'hui. En économie, une erreur de 10 ans peut être ruineuse. En termes techniques, cela conduit à un mauvais taux d'actualisation ! En pratique, cela conduit à un gaspillage.

Il faut donc aujourd'hui anticiper un événement (de rareté) dans un avenir incertain tout en prenant acte de la pollution atmosphérique urbaine.

La décision de limiter les émissions de gaz carbonique et de réduire la consommation énergétique est à l'intersection de cette certitude de la nécessité de lutter contre la pollution et de cette probabilité de rareté : elle relève donc du domaine purement politique à la limite du rationnel et du pari sur l'avenir.

La taxe carbone est un instrument fiscal souple dont le niveau variera avec l'anticipation de rareté, sans jamais revenir à zéro en raison de la pollution et de la pérennité naturelle de toute fiscalité.

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Lettre Émergences numéro 21 - Juillet - Août 2009 - La Corée du Sud

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Sans aucun doute, la Corée a une tradition et une capacité qui peuvent la placer dans les compétiteurs significatifs de demain. Sait-on, par exemple que l'imprimerie avec caractères mobiles existait en Corée bien avant l'Europe ? Aujourd'hui l'effort de R&D par habitant en Corée est déjà supérieur au niveau européen.

Ses industries ne sont pas une simple copie du modèle occidental. Elles possèdent une capacité innovatrice et une puissance mondiale comme l'a montré les Groupes LG et Samsung..

Mais la Corée a deux handicaps dont on ne voit pas la fin : la menace (durable ?) de la Corée du Nord et une taille insuffisante face aux immenses ensembles qui voient le jour en Europe, en Chine, en Amérique du Nord et en Inde. Ces ensembles sont d'une dimension humaine, économique et politique d'un autre ordre.

Menacée par le Nord et encore trop petite, la Corée du Sud est vouée à jouer un rôle d'avant-garde ou à ne pas exister. C'est sans doute pour cela, qu'en attendant de pouvoir s'intégrer dans un ensemble régional stable, elle a opté pour une courageuse tentative de faire la course en tête.

Ce pari en fait aussi une opportunité d'investissement de premier ordre sous la réserve que les problèmes politiques de son voisin du nord ne viennent pas annihiler ses efforts et les investissements réalisés dans une perspective de paix.

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